Ce versant-là, c'est la
possibilité
d’échanger de l’information,
instantanément et sans
frontière, autant que la possibilité de se
déplacer avec un support de petite taille pour travailler
d'un
poste à l'autre, d'un lieu à un autre et pas
forcément dans des bureaux par définition
analogiques.
Le versant numérique,
c'est aussi aimer le feu du désir de la vie, qu'on voudrait
tellement plus fou, plus riche, plus créateur et superbe,
dès lors qu'il ne servirait plus à alimenter des
conflits
absurdes ou ridicules.
Le versant numérique,
c'est surtout le chemin vers l'intelligence, avec la perspective non
pas de rester intelligent mais de le devenir.
D’être intelligent
de vie, et en conséquence d'être plus humain, je
veux dire
davantage...
Ainsi sur le versant
numérique on ne peut plus affirmer que
«son» dieu
est plus vrai et plus unique que celui de l’autre. On ne peut
plus
croire que son peuple est plus élu de dieu que le peuple
voisin.
Ni que son
pays sera plus béni par dieu qu’une autre nation.
On ne peut pas non plus
séparer le monde entre sa communauté et les
autres qui
eux seraient par exemple des «infidèles».
Non, celui qui arpente
ce
versant–là ne peut pas voir l’autre
comme un infidèle
ni surement pas se sentir infidèle. Il se révolte
même
de tout son corps contre cette qualification émise
d’un point de
vue autocentré et primaire. En quoi pourrait-on le traiter
d’infidèle et de quel droit d’ailleurs?
Il ne se sent pas
fidèle pour autant, sauf à
l’être pour ses amours,
ses proches, ses amis. Pas davantage fidèle à ses
convictions
qui risqueraient de le rendre intolérant ou fanatique et
borné, et donc pas intelligent.
Cependant, ici ou là,
des colporteurs répètent : oui, mais on nous
propose
rien, il n'y a rien. Pire, certains ultras
décrètent : il
n'y a plus rien.
Je suis heureux
de rétorquer qu'il n'y a jamais eu autant, qu’il
suffit de se
tourner vers le versant numérique pour s’en
apercevoir.
Or que continue-t-il de se
passer?
Des
écrivains
contemporains se mettent tous ensemble pour traduire une
énième fois la bible, comme si
c’était de la toute
première urgence, sans doute pour faire preuve de leur
attachement passéiste.
Selon les journaux, les
gens, étant de plus en plus en recherche de sens, se
précipitent dans les librairies
ésotériques et
religieuses où ils trouvent ce qu’ils connaissent
déjà.
Il n'y a plus rien à
la télé, m’invective un vieux cousin de
la campagne qui
capte deux ou trois chaines, et à qui je n’arrive
pas à
dire que j’ai le choix d’en regarder 80 ou cent,
que je peux lire les
journaux de tous les pays du monde, ou correspondre aux quatre coins de
la terre etc. Je peux encore moins le dire à ces
chroniqueurs
ignorants qui clament à tous vents qu’internet est
une poubelle…
Un vieil frère,
presque déjà mon ancêtre,
reçoit des
messages directs, pas par téléphone mobile, parce
qu'il
est contre,
non il entend des voix, de là-haut me dit-il, il en est
sûr.
Pourtant il n'est pas fou à lier, il est seulement sur le
versant
analogique, là où l'on croit qu’est
vrai ce qu’on croit,
là
ou il suffit qu’on le croie pour que cela existe.
C'est le monde du
comportement égocentrique autant
qu’ethnocentrique, celui des
éternelles certitudes pourtant cent fois contredites.
Au contraire, le
versant
numérique est celui de l’accroissement de l'espace
mental, celui
de l'échange et de la communication, ce qui va clairement
avec...