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// Bonne nouvelle, 1ère générale de «On ne peut pas avoir écrit Lol
V Stein et désirer être encore à l'écrire...»
Après la 1ère
répétition publique des 6 et 7 mars, une 1ère générale sera donnée les
11, 12 et 13 juin, à 18h 30 et 20h 30, au Théâtre du Temps. De nouveaux
acteurs rejoignent la dream team de mars dernier, il y aura aussi
quelques petites modifications, car ce qui est devenu un spectacle
poursuit son parcours évolutif avec en ligne de mire: la version longue à
partir de novembre et -surtout- la première première représentation
publique au début octobre, c'est-à-dire trente ans, quasiment jour pour
jour, après m'être rendu chez MD à Trouville pour enregistrer les
Entretiens (15 mai 2010)
//L'aventure
de "On ne peut pas avoir écrit Lol V. et désirer être encore à
l'écrire" repart après une
pause de quelques jours suite à ces trois 1ères
répétitions publiques. Un peu de doute à des
moments. N'aurait-il pas été plus raisonnable de
trouver une production d'abord et/ou d'attendre le résultat
d'une demande de subventions? Non bien sûr que non. Enfin
raisonnable peut-être, au diable qu'il aille. Ne pas oublier
qu'il y avait deux soirs de théâtre libre, et surtout
que maintenant ces trois séances sont dans la mémoire
de la centaine de personnes qui y ont assisté. Et dans la
nôtre bien sûr, je n'ai pas besoin de fermer les yeux
pour visualiser les visages des comédiens éclairés
par les écrans d'ordis, ni pour capter leur enthousiasme
envers le texte et la jubilation qu'ils avaient à le rendre
vivant. J'ai à nouveau relu tous les Entretiens, dans la
version première que je vais reprendre pour le «
spectacle à venir », donc l'aventure repart
maintenant. Mélanie Chereau nous rejoint pour m'assister à
la mise en scène. Elle voit qu'il y a d'un côté
cette «lecture-mise en espace» d'une heure que nous
allons proposer à différents lieux. Et puis un autre
projet de fond qui est le "spectacle à venir" pour
lequel en effet il faut trouver une production... C'est presque
troublant d'avoir eu tant de réactions positives, ce dont je
suis vraiment heureux pour les comédien(ne)s, ça donnerait
envie de jouer tous les w-ends au théâtre du Temps!(15 mars 2010)
//On
ne peut pas avoir écrit Lol V... séance supplémentaire le 6 mars à 20 h.
Ça
crée de la vie, m'a dit Axel, après la dernière
répétition privée, et unique d'ailleurs, sur le
plateau du Temps.
Justement
une Impression déjà ressentie, plusieures fois
éprouvée, par exemple quand j'avais joué avec
lui dans le Parc, mis en scène par Régy à
Chaillot. Impression que le théâtre rend la vie plus
belle.
Impression
revécue à ce moment-là de la répétition
qui s'était lancée. Du coup Je n'allais plus l'arrêter,
pas même pour une remarque de détails. Plutôt
écouter comment parle la voix de cette comédienne,
entendre l'enthousiasme révélée par la lecture
qui enchaine les dialogues, capter la vie redonnée dans
l'échange qui s'instaure...
Est-ce
que que le théâtre crée de la vie puisque, en
même temps, il nous place en retrait du monde?
Il met en dehors
et en fait il amplifie la vie. (5 mars 2010)
//On
ne peut pas avoir écrit Lol V. 6/7 mars, théâtre
du Temps, Paris 11e: Réservation obligatoire...
On
était pas très tranquilles mercredi dans notre café
de la place Denfert pour la dernière fois où nous y
allions les 5 comédiens et m/m. Il fallait lutter contre un
environnement sonore difficile, bruits de flippers et de voix fortes
de bar... On a cependant bien travaillé, réglé
des petits problèmes en entrant dans quelques détails,
apercevant alors la force d'un passage qu'on n'avait pas perçue
avant.
Les
comédiens qui ont écouté des extraits des
Entretiens diffusés à la radio s'inquiètent, ce
qu'ils font n'a rien à voir, pensent-ils. Oui, ce qu'ils font
est autre chose et je m'en réjouis, ils redonnent de la vie à
ces paroles. Comme dit CG, s'il n' y a pas de renouvellement dans la
façon de rendre les textes de MD, eh bien il y aurait le
risque d'une disparition progressive... Le lendemain je suis allé au
Théâtre du Temps où je n'étais pas
allé depuis des mois. Redécouverte du «chemin des
fleurs», cette allée qui fait commencer le plateau
depuis l'entrée de la salle... Du coup la salle m'a paru plus
petite. On m'a dit: 50 places, c'est la jauge!
Ce
pourquoi il faut absolument réserver pour ne pas risquer de
n'avoir pas de places. D'autant que s'il y a beaucoup de réservations
nous pourrions organiser une séance supplémentaire le
samedi à 20h (22 février 2010).
//Hier,
travail avec Aurélie H et Vincent (les autres sont en
tournage, shooting comme dit Thibault), le soleil d'hiver éclaire
nos écrans à travers la vitre du café. On
entre dans les détails. Donc on entre dans le texte, prendre
le temps de le regarder à défaut de pouvoir intégrer
que ces phrases étaient pensées en direct.
Sinon, il
faudrait jouer à les penser en vrai, impossible. Donc il ne
faut peut-être pas vouloir s'approprier le texte?
Recherche
d'équilibre entre articulation et vitesse, profération
et lenteur. Entre ces deux positions possibles trouver le bon tempo.
Ni trop grave ni trop léger. Du coup on redécouvre
l'intérêt de cette mise en lecture -avant une mise en scène plus
ambitieuse- redonner la vie que portaient "nos" paroles
dans la conversation des Entretiens...
La
prochaine fois on refera un filage avec tous, ce sera le dernier
avant la répétition -sans public- au théâtre. Ensuite ce sera la 1ère
répétition publique.
Pour
la prod, on me dit qu'il faut chercher du coté de la Culture
ou bien d'un mécène auquel tout le monde pense, s'il se
reconnait qu'il m'appelle! (13 février 2010)
//Quelques
nouvelles de «On
ne peut pas avoir écrit Lol V »...
Vendredi dernier, on a fait pour la première fois un filage
dans un café de la place Denfert où on y est
tranquilles. La lecture commençait vraiment d'exister, c'était
très émouvant: MD soudain, là où nous
étions!
Et puis Il y a eu deux bonnes nouvelles. L'une que la
lecture allait durer un peu moins d'une heure (c'est la version
courte). L'autre que les acteurs-comédiens-lecteurs avaient
été bons. Le fond est trouvé, une couleur se
découvre, il n' y a que des détails à traiter,
même s'il y en a forcément beaucoup. Il "n'y a qu'à"
poursuivre la découverte du texte...
Par ailleurs les
problèmes techniques qui ont tendance à apparaitre à
mesure qu'ils se résolvent, se traitent tout de même...
Penser aux lumières... à la musique, ça c'est presque
fait... penser à une capture vidéo du spectacle, à
des prises de photos durant cette 1ère répétition publique... pour
ainsi dire rien.
Reste le trou noir, nous n'avons pas de production, un théâtre
pour deux soirs m'était proposé, fallait-il que j'en
attende une pour y faire cette lecture? (9 février 2010)
// Les
6 mars à 18h et le 7 à 20h30, au théâtre
du Temps: «On ne peut pas avoir écrit lol V...»
Bien sûr cette première répétition publique, ce sera moins
qu'une lecture pour laquelle j'aurais réussi à réunir
Bulle Ogier et Michael Lonsdale ou Axel Bogousslavsky. Assurément ç'aurait été
une lecture magnifique, mais d'une certaine façon une lecture
définitive. Encore que Bulle m'a dit son embarras à
l'idée de lire la parole de MD parce que sous chacune de ses
phrases elle entendait sa voix, au point de ne pas imaginer ce
qu'elle aurait pu ajouter elle.
Avec
un peu de mise en espace, cette première répétition
publique sera donc aussi un peu plus qu'une lecture. En effet, en
faisant appel à de jeunes comédien(ne)s je me suis
lancé dans une autre aventure, celle de la découverte
du texte et de la jubilation de le découvrir.
Et
pour lire le texte de MD, j'ai choisi trois comédiennes, parce
qu'une seule aurait dû soutenir le poids de représenter
MD, ce qui aurait été franchement lourd et l'aurait
exposé à la critique de ne pas le faire! De plus cette
triple présence peut figurer la diversité et la
complexité de la personnalité de Dame Duras. Par
exemple Michelle Porte disait « avec MD on se plaignait et
on pleurait » tandis que pour moi, c'était «on
se parlait et on riait». C'est d'ailleurs cette
dernière piste que j'entends privilégier, en accord
avec le ton des Entretiens pour France Culture...(4 février 2010)
//Pourquoi faire appel à des comédiens de 20/30 ans pour lire
ces dialogues tirés des Entretiens avec MD? D'abord parce
qu'ils n'ont pas connu Duras, ne l'ont pas même vu intervenir à
la télé, ou bien ne s'en souviennent plus. Ils ne
connaissent pas très bien son oeuvre, parfois n'ont vu que
l'Amant, le film, ou lu seulement Un barrage ou Le marin de
Gibraltar. En revanche quand ils la lisent, ils le font bien
différemment de la plupart des lecteurs des années
1970/90 qui trouvaient ses livres difficiles. Et il ne leur viendrait
surement pas à l'idée d'affirmer comme la critique (qui était très critique à son
égard) qu'il ne se passe rien dans ses livres ou bien que
c'est ennuyeux ou encore que son écriture est pleine de tics.
Appel à des comédiens de cette génération 2000 donc, à
qui je ne demanderai pas de jouer Duras, ni de faire du Duras ni même
d'être durassien. Bien plutôt de faire entendre la parole
écrite de Duras dans une envie de découverte, au fond à
la manière dont je suis allé la voir, enthousiaste de
comprendre ce qui faisait que MD parlait, vivait et écrivait
en écrivain. Jusqu'à écrire avec elle cette
conversation en forme d'entretiens.
Il s'agit donc d'aborder son
écriture sans crainte, avec douceur et aussi avec
détermination, de proférer ses
phrases pour la tester peut-être et, au final, « d'enjouer »
la lecture du texte afin de transmettre le plaisir qu'on peut
ressentir à la lire, quoi? de rendre le coté jubilatoire de son
écriture... (25 janvier 2010)
//C'est une histoire un peu merveilleuse d'une certaine façon. Ponctuant, au début et ensuite, ma belle relation d'amitié avec Marguerite Duras, j'avais produit Les Entretiens pour les Nuits magnétiques sur France Culture et puis écrit La Fiction d'Emmedée, un roman dont elle est le personnage principal. Je ne pensais plus me remettre sur son chemin ou y être redirigé jamais. D'ailleurs certains ont pu me dire, Duras, ça va, faut oublier maintenant. Il se trouve que j'avais un peu vécu la Fiction d'Emmedée à travers une pensée pour Diderot et son Neveu de Rameau. Dans la limite de toute comparaison. C'est à dire qu'il s'agissait d'une vraie relation, ayant existé...