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notes des jours, chaque jour parfois ou presque... 


écrire à  jean pierre ceton                                                                                                                                          blogdate juin-décembre 2007  blogdate janvier-juin 2007
                                                                                        
3 juillet 2008

Qui veut s'assurer un peu de présence médiatique doit en passer par des phrases engagées, genre souhaiter que la mondialisation pète, comme Fred Vargas, ou qualifier notre société de «terrible, machiavélique, de plus en plus invivable», comme Claude Lévêque! 
Ce dernier parle-t-il vraiment de notre société de ces années 2000 ou d'une vraie terrible comme la société allemande d'Hitler, la stalinienne, la pétainiste d'hier ou la Coréenne du nord d'aujourd'hui?
En l'occurrence l'artiste reproduit des clichés communs sur le fait que maintenant on aurait de moins en moins de droits et que nos libertés seraient régulièrement rognées, sans doute vrai pour fumer, conduire sans limitation de vitesse ou s'équiper de chiens dangereux...

L'artiste lui peut préparer ses installations tranquillement en opérant autant de prises de vues qu'il veut sans se préoccuper de savoir s'il aura assez de pelloche. Même s'il faut en passer par des passeports biométriques pour voyager, quiconque a désormais accès au savoir et à la connaissance en temps quasi réel. Les possibles s'accroissent en général, sur le net on peut réécouter une émission de radio-tv pendant une semaine et plus, entendre l'intégralité d'une interview diffusée en version courte en direct, savoir dans combien de temps le prochain bus va arriver etc...
D'accord j'enfonce des portes ouvertes mais eux les ferment.


27 juin 2008

Lorsqu'on attaque une institution, comme celle du langage, on est dans la subversion, disait Duras.
En effet lorsqu'on s'attaque à l'institution du langage, ce qui se trouve être une transgression est vécue comme une provocation.
Mais pourquoi s'y attaquer si ce n'est pour adapter la langue à ce que l'on voit, entend et vit.
L'inverse étant totalement shizo, s'imposer de voir ce qu'il faudrait voir pour tenir compte de la langue académique existante.
Jamais autant la distortion n'a été aussi forte entre la langue historique et le mental de ce 21e siècle numérique et technologique.
Jamais n'a été aussi grande la nécessité de s'engager dans cette transgression-là


24 juin 2008

Pour m'en tenir aux explications des livres d'histoire, je croyais à l'indépendance en 1960 des pays africains sous colonisation française. En fait d'indépendance, la France avait imposé des accords qui lui garantissaient de conserver la main sur le pouvoir, en particulier pour l'exploitation des ressources minières ou pétrolières. Du coup une résistance s'était développée au Cameroun par exemple et, jusque dans les années 1970, une sorte de guerre y a opposé l'armée française à des rebelles qu'on appelle dans ces cas-là des terroristes. 
Le principe étant alors de séparer la population de ces derniers, donc de brûler les villages après -on l'espère- en avoir déplacé ses habitants. On aurait même utilisé le napalm, sans importance rétorque le Mesmmer -celui qui deviendra premier ministre- et qui était en poste sur place à cette période, signifiant surement qu'il y avait eu des choses bien plus abominables. Entre autres cette pratique consistant à exposer les têtes des terroristes décapités aux carrefours des routes pour effrayer les populations...
Entre 50000 et 500000 serait le nombre de victimes estimées durant ces dix ans de colonisation déguisée au Cameroun, tous documents et archives n'étant pas encore si facilement exploitables.

4 juin 2008

Selon certains chercheurs, le nombre d'ouragans et autres tempêtes tropicales devrait diminuer à la fin du siècle en raison du changement climatique. S'opposant par là à ce qui était généralement admis, savoir que le nombre de ces mêmes ouragans devait augmenter pour la même raison.
Ce pourrait illustrer la difficulté de prévoir mais aussi l'ampleur de l'incertitude sur ce qui se passera.
Deux autres figures
en effet s'opposent sous-jacentes à tous discours, la première développée par ceux qui pensent inévitable la catastrophe pour l'humanité, et la seconde par ceux qui imaginent que dans les dix à trente ans à venir il se passera des choses formidables!
Deux visions qui séparent radicalement ceux qui pensent que le mal est fait, qu'il est même irréversible, et ceux qui entrevoient des possibilités jusqu'alors 
inédites de vivre sur Terre.

30 mai 2008

Pour le romancier N. Fargues, « parler d'amour avec des mots justes passe non pas par le cerveau, mais par l'estomac », ce dont il semble être fier.
On voit mal pourtant comment cela pourrait être possible, sauf à s'en remettre à la percussion corporelle, en vogue par les temps qui courent!
Il s'agit en l'occurrence d'une référence à une formule codée et persistante selon quoi le cerveau c'est froid, guère humain, tandis que l'estomac serait plus chaleureux, voire plus naturel.
Les penseurs grecs pensaient en effet que le lieu des émotions et de la vie était le coeur, mais l'on sait bien maintenant que c'est le cerveau, sans que cela enlève du "coeur" -qui lui est un muscle- aux émotions plus ou moins chaudes ou froides, en tout cas neuronales.
Les anciens penseurs encore croyaient voir des canaux sur Mars en l'observant attentivement...
Regarder ces jours-ci les images de la planète rouge (sombre) envoyées pas Phoenix provoque quelques effrois... Le sol y est désert et aride et rocailleux, à ressembler à s'y méprendre à des coins de la Terre.
Mars inhabitée et inhospitalière,
déjà nouvelle frontière pour l'humain, deviendra-t-elle vraiment une "terre" de conquête? Sauf coup des dieux, les singes que les russes prévoient d'y expédier en un premier temps plutôt que des humains -voyages trop longs, trop dangereux- ne devraient pas s'y établir durablement...


                                                                        15 mai 2008


Le passé simple comme temps de narration révèle désormais une conformité au modèle du roman formaté. C'est même lui qui donne la couleur de ce roman standard, qui en est une sorte d'attestation. 
Ceci pouvant aller jusqu'à l'obsession, en témoigne cette phrase trouvée dans l'un d'eux : «Je pris son verre et le lui jeta à la figure». 
A la manière des enfants du primaire qui, pour rendre les histoires plus vraies, utilisent le passé simple en conjuguant tous les verbes en a !


13 mai 2008

Au fond ce n'est pas que ce monde ait perdu ses valeurs ou ses repères (anciens il faut le préciser), il a surtout perdu pas mal de ses certitudes (souvent imbéciles) à mesure que se se sont développées -et se développent- nos connaissances autant que la prise de conscience qui normalement va avec.
Le développement de l'une et de l'autre pouvant d'ailleurs provoquer le désarroi.

2 mai 2008

Un projet de réforme de la langue préconise un changement dans l'orthographe... Non il ne s'agit pas du français mais de la langue portugaise, environ 2.000 mots sur les 110.000 de son vocabulaire devraient prendre la graphie brésilienne, en réalité il s'agit de rendre l'orthographe plus proche de la façon dont les mots sont prononcés, en supprimant les consonnes silencieuses...
Comment un peuple entier a-t-il pu être manipulé à ce point, pour en arriver à considérer comme normal le fait d'écrire ce qui ne se prononce pas ?

Cette fois le propos concerne le français, c'est un lanceur de tracts assez caustique (Louis Rougnon-Glasson, sur alfograf.net) qui m'envoie cette réflexion.
Et que penser du fait qu'on persiste à trouver ça normal d'écrire des lettres mortes, et qu'on continue de l'imposer à nos enfants tout en se désolant que le niveau de l'orthographe baisse?



9 avril 2008

            Une nouvelle étude dénonce une dégradation accélérée des connaissances en orthographe, à quoi je joins ma propre découverte, sur une copie d'élève de collège, de trois lignes d'appréciation d'un professeur - bon et sérieux professeur- avec trois fautes de « non accord » d'un participe passé, d'un verbe à la 3ème personne du pluriel et d'un adjectif.   J'oppose en général à cette dégradation la pratique de logiques contemporaines qui se trouvent bien plus sophistiquées que les logiques, s'il y en a, qui président aux règles historiques de l'orthographe.
Mais il faut aussi rapprocher de cette dite dégradation l'usage de plus en plus courant des langues étrangères et notamment de l'anglais dont les règles d'accord (rare ou inexistant) sont fort différentes de celles du français.
Dans les deux cas, ces règles n'ont en fait aucune raison d'être considérées comme immuables.



1er avril 2008

On ne sait pourquoi le journal Le Monde s'est lancé dans l'édition de livres sur de grands philosophes, seul le service marketing pourrait le dire.
Néanmoins voir l'un de ces livres, le PASCAL par exemple, trônant sur un présentoir au-dessus de la caisse enregistreuse du loto et autres jeux français a quelque chose de vraiment estomaquant. 
Mais aussi d'assez rassurant. Car finalement cela signifie que la culture se répand et arrive là où elle manque!


26 mars 2008

Le recours à la fiction pour Petit homme chéri tant il semble impossible désormais de se représenter précisément la réalité de ce temps de la guerre 1914-18.
Pour Le Pont d'Algeciras, tant il est difficile de formuler le temps de ce début du XXIe siècle, quand même on le vivrait sans résistance, le plus souvent formulé par des mots d'un temps ancien...

12 mars 2008

Comme si je m'étais réconcilié avec l'idée du roman, Le pont d'Algeciras, contrairement à mes autres livres, porte sur sa couverture la mention roman.
En fait je n'ai jamais aimé l'idée du roman que le romancier romance. Dès mes débuts d'écrivain je lui ai préféré la fiction construisant chaque fois un monde qui d'une certaine façon n'existait pas avant elle.
Cependant, le roman désignait à l'origine ces récits qui ne s'écrivaient plus en latin mais en langue romane.
Or je n'écris plus vraiment le français classique, j'écris de plus en plus un français inspiré par la langue vivante d'aujourdhui...
Sans doute ce qui peu à peu m'a réconcilié avec l'idée du roman qui invente un monde, n'existant pas avant lui, écrit dans une langue qui n'existait pas davantage avant non plus!


8 mars 2008

Ce qui marque de plus en plus le flux médiatique présent, c'est que toujours la parole conservatrice passe et se répand.
Presque jamais en effet ne s'entend la parole audacieuse, moderne, nouvelle, inventive, créative. Qui par exemple se réjouit du dernier lancement d'un engin à destination de la station spatiale internationale. Qui met en avant qu'un pour cent de la richesse mondiale permettrait de faire face aux causes humaines du changement climatique. Qui s'étonne de la constante augmentation de l'espérance de vie. Qui pointe la précision croissante de nos connaissances qui transforment notre vision au point de ne plus être en mesure de les comparer à celles du passé...
Qui? 
Sûrement pas les multiples chroniqueurs de presse ou de radio, culturelle ou pas, qui mettent en garde, préviennent, rejettent, récusent, annoncent mille dangers, dépeignent de façon négative et souvent fausse, jouent de la démagogie, recherchant par là une opinion générale toute prête à marcher.
Il y a là une forme de cynisme, souvent celui de gens bien en place qui regrettent un supposé bonheur élitiste de leur jeunesse, ou celui de leurs benjamins répétant ce qu'ils croient être la bonne parole, allez savoir pourquoi!


26 février 2008

La fiction salvatrice, au sens terrien. Ou, comment ouvrir une voie possible entre, 
d'une part:
l'intégrisme fondamentaliste, plus ou moins radical mais de plus en plus présent dans toutes les cultures,
et d'autre part:
la vision ravageuse de la manipulation partout, celle paranoïaque du complot ou encore celle abusive de l'orwellisme,
dans les deux cas, qui cherchent à tous nous conduire à la terreur...

19 février 2008

Hommage à Robbe-Grillet, membre original de l'académie française qui n'a pas voulu revêtir le curieux accoutrement de rigueur, en tout cas de type théâtre ancien, qui a surtout refusé de porter l'épée dit des académiciens.
Il faudrait leur dire aux académiciens, qu'ils arrivent à le comprendre, c'est vrai qu'à une époque ça se faisait de porter l'épée au sortir de chez soi, mais bon aujourd'hui, à part quelques uns qui s'équipent d'une arme ou d'une autre, les gens pour aller à l'extérieur se munissent généralement de leur téléphone, de sorte de communiquer avec le monde...

5 février 2008

Doux salut à Diderot alors que se construit toujours davantage, et sans limite prévisible, l'encyclopédie wikipédia qui est en soi un hommage à celle de Diderot. Ne serait-ce que parce qu'il avait dû batailler ferme pour l'imposer.
Il faut dire qu'il avait le projet de «changer la façon commune de penser».
Ce pourquoi il inventera un système de renvois – avant curseur des liens de l'hypertexte- qui selon Diderot «opposeront les notions, feront contraster les principes... ébranleront secrètement les opinions ridicules qu'on n'oserait insulter ouvertement».
De plus pour se jouer de la censure et de la répression -sans y parvenir toujours- Diderot insérait des ajouts discrets dans tel ou tel article orthodoxe, c'est à dire ceux qui s'accordaient aux croyances officielles...
Qué placer!



28 janvier 2008

Ne pas croire ses petites impressions, l'année la plus chaude depuis un siècle aura été 1998, juste devant 2007En tout cas plus chaudes ces deux années que 2003 avec son hyper canicule, plus que 2006 avec ses 3 phases caniculaires!
Enfin pour ce qui concerne le monde entier, parce que 
2007 se situe en France métropolitaine au neuvième rang des années les plus chaudes depuis 1900, à égalité avec l'année 1989...
Bien sûr, au-delà d'un siècle en arrière, on ne saurait pas dire. Pas de bonnes données, le quasi silence, même si les calottes glaciaires ont apporté quelques indications, on est comme des ignorants face à quelque chose qui a disparu.
Les présentateurs TV eux ont dit que ça prouvait bien que le climat se réchauffait.


23 janvier 2008
Les gouvernements ont tendance à réglementer certaines pratiques des peuples pour les sauver de leurs propres excès. Ici c'est le tabac, interdit dans les lieux publics. Encore que la rue, lieu public par excellence, est devenue l'endroit où les gens exercent leur pratique de fumeurs.
Et ailleurs?
Pour le tabac, même interdiction en Turquie, pourtant pays grand fumeur, et cela viendra sûrement un jour au Tadjikistan où pour l'instant il s'agit de restreindre l'ampleur des festivités pour lesquelles les familles se ruinent littéralement. Parfois pour la vie entière, parfois sans parvenir à rembourser.
Ainsi lors des mariages, seules 4 voitures sont désormais autorisées pour constituer le convoi de la « future », il ne doit pas y avoir plus de 150 noceurs à qui seulement deux plats chauds seront servis, les festivités étant limitées à 3 heures. Le tout sous peine de forte amende.
Id pour les enterrements, pas plus de 80 participants.
Id pour les fêtes de circoncision, un maximum de 60 invités...

La population est divisée. Pour les uns, cela va éviter que tout soit focalisé sur ces cérémonies. Pour les autres, c'est tout simplement une grave atteinte aux traditions.

                                                                                           16 janvier

Que penser d'un intellectuel qui publie dans Le Monde des plaisanteries de fin de diner: «le tout-à-l'ego»? Que penser du même R. Debray qui écrit en allure de cliché que notre civilisation est sans doute la première à refuser de se laisser interroger par la mort?
Rien.
Sauf à souligner qu'elle est en effet la première à accroitre l'espérance de vie de façon plus que significative, la prem à avoir fait reculer la mortalité infantile et celles de mères, à faire baisser le nombre des victimes en général, des guerres, des maladies, des routes, des crimes, et à se questionner sur la fin de vie, l'euthanasie etc. La première surtout à avoir pu concevoir que des humains pouvaient mourir hors de la terre, comme les astronautes de Columbia.

                                                                        10 janvier

Nouveau cri d'alarme lancé dans la presse à propos de la langue française, de moins en moins utilisée à Bruxelles et en Europe, hélas simple lamentation! 
On peut en effet défendre le français et son (bon) usage par tous les moyens, mais pour que cette langue revienne au premier plan ou qu'elle garde un rôle d'importance il faut la libérer des règles obsolètes autant que contraire aux logiques contemporaines qui la brident. Et lui insuffler une capacité d'invention pour exprimer le temps que nous vivons, notamment en accueillant le néologisme toujours suspecté dans la pratique classique... 
La rendre ainsi attractive pour les enfants et les étrangers (et pas pour la seule académie).

                                                                         4 janvier

 

S’inquiéter en ce que s’authentifie le discours érigé en constat suprême selon quoi notre monde a perdu ses valeurs et ses repères, et bien plus encore que le progrès aurait apporté plus de méfaits que de bienfaits (voir Edgar Morin). S’inquiéter parce que ce discours-là est justement le moteur du développement des intégrismes allant des islamistes radicaux aux extrémistes de droite. Si en effet notre monde est pire qu'avant les découvertes scientifiques, plus déboussolé qu'antérieurement aux connaissances contemporaines, s'il a perdu ses valeurs et ses repères et tout, et s’il n’a en rien créé des valeurs nouvelles, alors autant revenir à ce qui existait avant, aux valeurs ancestrales qui n’étaient pourtant pas toutes d’ouverture, de justice et de respect, convenons-en ! Et sûrement pas d’égalité, ni de diffusion du savoir, de liberté d’expression, de pluralisme et de parité et encore moins de reconnaissance des droits des minorités. Ni même toujours de solidarité…

24 décembre

Julien Gracq, hier quasi inconnu du grand public et très peu lu du public des lecteurs, devenu selon les titres de presse « Géant des lettres françaises » et « Dernier grand écrivain français »... Qualifié dans toutes les dépêches d'auteur secret  retiré du monde littéraire, peu sensible aux honneurs etc... en des termes à peu près identiques à ceux utilisés à la mort de Maurice Blanchot... 
Les Assouline et autres portevoix officiels de la banque centrale (alias Gallimard) ont larmoyé sur le fait que, refusé par cette maison d'édition, Julien Gracq avait dû se publier chez un éditeur marginal, du coup à ce jour toujours pas accessible en poche, donc absent des fameux linéaires des chaines de magasin, bien que publié vivant dans la collection Porsche de Gallimard... 
Et, avec justesse, même si c'est comique, ont apologisé son livre brûlot, sur le milieu littéraire, de cette fameuse phrase selon quoi il n'a pas pris une ride. 
Finalement ont paru éprouvé sincèrement de l'admiration pour celui qui a refusé les prix, et le Goncourt en particulier, après quoi eux ne cessent de courir... 
Mieux vaut pour Gracq être mort que les entendre!


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                                                                    20 décembre

Les petites phrases, comme virgules dans la vie, se glissent dans le discours, conversation ou texte.
Il y en a des ringardes, comme: On est allé trop loin dans l'évolution... Des terribles: Depuis les années 1950, on se demande si les hommes sont encore des hommes... Des gâteuses: Avant ils savaient nous toucher, ils savaient relier les mots, ils savaient encore chanter...
Et bien d'autres, en tout cas authentiques!

 
                                                                      12 décembre

Les 4 milliards de contrats d'armement qu'aurait signé la France avec la Libye relèvent d'une absurdité révoltante. Bien sûr si ce n'avait été la France, ç'auraient été d'autres Etats marchands comme il est arrivé pour le Maroc (USA) ou l'Algérie (Russie) etc. 
C'est cependant absurdement bête parce que ces matériels sont à terme producteurs des fameux dommages collatéraux humains et surtout absurdement à contre-courant puisque tout de l'armement -la fabrication autant que l'utilisation- est archi pollueur et gaspilleur de ressources!
Finalement absurde et dérisoire si l'on considère l'argument selon quoi cela va fournir de l'emploi à des citoyen(ne)s à qui on demande d'installer des ampoules économiques dans leurs appartements équipés de fenêtres à double vitrage...


                                                                        3 décembre

«Une espèce de» s'utilise de plus en plus au masculin et sort parfois même de la bouche de gens éduqués. Des gens qui pourtant le savent que espèce est féminin et ne s'emploie pas au masculin... Mais dire «un espèce de» paraît être une espèce d'habitude difficile à contrer, quand elle est prise cette habitude!
«Un espèce de» est en effet très répandu autant dans les conversations qu'à la radio ou sur les télés. Pourtant perçu, par ceux qui le remarquent, comme une faute de goût, voire un manque d'éducation...
En l'occurrence ce masculin se démarque curieusement d'expression comparable: une forme, une sorte de... D'un autre côté, il puise sa force par contagion d'autres mots proches tels que un genre, un mode.
Il reproduit sans doute le masculin de l'insulte: espèce de con! Parce que cette insulte ne supporterait pas d'en passer par son féminin: une espèce de con.
L'explication serait ceci: l'espèce est humaine, mais l'homme est masculin jusqu'à revendiquer d'en être le neutre.
Retenons plutôt ce que la science a apporté de plus rassurant au détour du siècle: il n'y a pas de races humaines mais une seule, autrement dit, il n'y a qu'une espèce d'homme.


                                                                       28 novembre

L'objet livre a toute raison de perdurer en complémentarité avec la diffusion numérique en ligne. En revanche le support papier ne conservera probablement pas très longtemps son monopole, en tout cas dès qu'un objet livre à support numérique sera opérationnel et efficace, donnant les mêmes avantages que le livre papier, c-à-d les mêmes au moins. Avec en plus les possibilités de recherche à l'intérieur du texte, de stockage etc. 
Il faut bien se faire à cette idée: dès que cette possibilité existera, cohabiteront les livres papier et numérique. Et le livre au support numérique se développera vraisemblablement beaucoup... 
Voici d'ailleurs que la firme Amazon propose cet objet, usant d'un succédané d'encre, capable de contenir des dizaines de livres actuels, avec en perspective de ne vendre que des « livres » dématérialisés, téléchargeables en moins de temps qu'il n'en faut pour sortir un volume de sa bibliothèque et au moindre coût... Il n'empêche que la bibliophilie a de beaux jours devant elle.

                                                                    25 novembre

N’était pas revenu dans cette ville depuis 20 ans, ni dans ce bar par conséquent où il se trouvait. Un vieux barman ressemblait à celui d’avant, mais c’était d'évidence un autre qui l’avait remplacé, parti à la retraite. Celui-ci devenu vieux à son tour.
Un vieux client semblait être le même que celui d’il y a 20 ans alors que c’était un jeune client d’il y a vingt ans, à son tour devenu vieux pour remplacer un vieux client de son époque.
Se retrouver seul à ce moment là quand on avait eu 20 ans comme tout le monde, 20 ans auparavant…

                                                                       23 novembre

Dans son blog quasi officiel de l'édition, P. Assouline nous en apprend de bonnes sur les manières de son milieu. Ainsi Marie NDiaye qui tient compte «des remarques de son éditeur sur l'obscurité ou la longueur d'un passage... a compris que la noirceur et le pessimisme souvent reprochés étaient une facilité et s’est donnée le défi de les atténuer». 
C'est à croire que la langue de bois est le socle même du style de ce bloggeur en conséquence impayablement drôle à son corps défendant. 
En effet tous les auteurs ou presque de l'édition française depuis les années 90 pratiquent cette noirceur et ce pessimisme par simple mimétisme autant que par nécessité pour s'insérer dans le moule d'édition et s'assurer en conséquence un ticket d'entrée. 
Pourvu qu'ils n'en viennent pas à pratiquer la blancheur et l'optimisme, ils en seraient capables, mais ce serait tout aussi peu pensé ni écrit et donc tout aussi ridicule... Puisque, s'il s'agit d'écrire, c'est selon soi de sorte de développer un monde et une pensée, de préférence sans que cela en ait l'air...

                                                                                        21 novembre


Hier, la défenseure des adolescents remet son rapport annuel, toute la presse titre sur les adolescents qui vont mal. Aujourd'hui, colloque international sur la sécurité informatique, les médias se lancent sur les mille et un dangers de l'internet... Voilà le monde des infos.
                                                                      
                                                                       19 novembre

Les crimes d'honneur sont des crimes d'horreur. L'honneur de soi dès qu'il s'applique aux autres est plus qu'une horreur. Cela a donné les duels, les guerres, il est toujours à l'origine de la plupart des conflits et source de leur continuation. Et puis il justifie les pires abominations comme les crimes d'honneur encore répandus dans différentes régions du monde.
En Belgique récemment un frère a tué sa soeur devant le domicile familial après avoir provoqué une rencontre supposée de réconciliation. La soeur avait refusé un mariage forcé et entendait vivre l'amour de son choix. Pour le frère c'était semble-t-il une question d'honneur lui venant en droite ligne de ses ancêtres, c'était croyait-il son devoir de la tuer pour laver l'offense...


                                                                       17 novembre

Des milliers de morts au Bangladesh, victimes du passage du cyclone Sidr. On n'avait jamais vu ça, disent des survivants, le plus puissant cyclone depuis 20 ans, précisent les médias. En 1970, un cyclone d'un autre nom avait provoqué la mort de 500 000 personnes. A la suite de quoi les «autorités» avaient décidé de créer un système d'alerte, de construire un réseau d'abris et, dès la prévision du cyclone annoncée, d'opérer des déglacements de population. Pas assez encore.


                                                                       14 novembre

Les institutions courent après internet, elles ne se libèrent pas de leur lourdeur, multiplient les procédures d'inscription et de vérification, elles restent dans une sorte de suspicion à l'égard de ce qu'elles considèrent comme un nouveau média.
Les grands médias classiques courent aussi après internet. Dans des émissions spécialisées, ils jugent le net du haut de leur situation acquise. Portent des jugements condescendants, avancent de arguments critiques pour le mettre en cause, pas fiable, trop ceci, pas assez cela, dangereux... Et puis 
on perdrait toutes traces, il n'y aurait plus d'archives... Et voilà que si, des dizaines de millions de sites sont archivés, sous plusieurs dizaines de version comme il en est depuis 2001 pour ce site-ci, ou sis!

11 novembre

Une tendance au désarmement s'était amorcée dans les années 1990 après la chute du mur de berlin, à la fin de la guerre froide, que cela paraît loin déjà! Hélas, depuis les années deux mille (depuis le 11/9?) le réarmement s'est relancé et semble s'accélérer... Sans parler des pays ultra développés qui ne cessent de s'armer et de se surarmer, des pays pauvres ou peu développés se croient dans la nécessité de se doter d'armée et d'aviation à l'image des grands Etats etc...
Or le réarmement signifie consommation d'énergie et de matières premières, émission de CO2, investissement à perte humaine, tout le contraire du développement durable. Oui mais il signifie aussi emploi et croissance du PIB et développement économique et influence géostratégique pour les nations exportatrices...
Sans doute la plus grave des tendances lourdes de ce début du 21e siècle.

08 novembre

Dernières infos sur la fonte de la banquise arctique, une dépêche d'agence reprise plus ou moins par tous les journaux: 
«On peut craindre la disparition de la glace de mer en été dans les dix à quinze années à venir, ce qui aura pour effet d'accélérer le processus de réchauffement et provoquera de graves bouleversement climatiques... Le grand public doit être averti des changements climatiques... Prévision pour l'Europe: une tendance au refroidissement, bien lire: refroidissement... »

                                                                                28 octobre

Un bel exemple d'entêtement à refuser la féminisation des noms de fonction se trouve dans la signature d'une tribune publiée le 23/10/07 par Le Monde que voici: "Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française, déléguée de l'Académie." Cette dame est tout à fait capable de démontrer que dans un cas on peut accorder au féminin et dans l'autre non. 
Cela est cependant parfaitement illogique et renvoie un message de ringardise d'une institution dont on comprend qu'il ne faut plus lui laisser la charge de s'occuper de la langue française. En tout cas si l'on veut que cette langue reste une des dix langues vivantes pratiquées dans le monde.

24 octobre

La cartographie des mines «antipersonnel» posées durant la guerre franco-algérienne (1954-1962) le long des deux frontières marocaine et tunisienne vient enfin d'être remise aux autorités algériennes par l'armée française. 
Pourquoi a-t-il fallu attendre précisément 45 ans pour le faire alors que ces mines signifient des milliers de morts, des vies brisées, des enfants handicapés, des paysans mis en danger... et qu'il resterait plusieurs millions de ces engins enfouis?
Pourquoi si longtemps alors que des équipes françaises de déminage ont participé à de multiples opérations sur le terrain des guerres finies?
Pourquoi n'avoir pas daigné fournir ces cartes lors des grandes campagnes contre les mines antipersonnel du début des années 1990?
Pourquoi ne pas les avoir livrées dans les années 1980 à l'occasion des vingt ans de la fin de la guerre, et même pour les dix ans, en 1972, ce qui aurait amorcé sinon une sorte de réconciliation, du moins un pardon possible libéré de l'arrogance...
Faut-il penser que c'est cela qui n'était pas possible, la sortie de l'arrogance, et que ce l'est toujours à peine, puisque l'on apprend que ce qui aurait emporté la décision serait l'urgence de lutter contre des factions terroristes qui réutiliseraient ces mines pour leur propre combat?

                                                                                                  

     
22 octobre

«Une écriture du malheur» s'est beaucoup développée dans une partie de l'édition, jusqu'à devenir tendance. Elle consiste à prendre une situation de malheur et à la développer jusqu'où ça fait mal et pire si possible.

En faire la critique n'est pas nier la réalité du malheur, ni privilégier une écriture du bonheur béat. C'est dire que l'écriture du malheur se substitue à une écriture de questionnements. Elle mime en effet une littérature oppositionnelle, celle qui s’écrit à contre-courant de la meute. En réalité elle renonce à son rôle critique pour décliner ce à quoi beaucoup de gens pourront adhérer sans écueil. Puisque cette écriture du malheur décrit tout comme si c’était déjà écrit: passé et repassé au moulin des convictions ultra bétonnées.
On voit alors qu'elle s'inscrit dans une logique de mainstream dont il faut dire qu'elle n'a pas de fin, cette logique, sauf à mener à la négation de la littérature.
Son seul avantage serait de démontrer a contrario et par l'absurde la nécessité d'une écriture du discernement.
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