3 juillet 2008
Qui
veut s'assurer un peu de présence médiatique doit en
passer par des phrases engagées, genre souhaiter que la
mondialisation pète, comme Fred Vargas, ou qualifier
notre société de
«terrible, machiavélique, de plus en plus invivable»,
comme Claude Lévêque! Ce dernier parle-t-il
vraiment de notre
société de ces années 2000 ou d'une vraie
terrible comme la société
allemande d'Hitler, la stalinienne, la pétainiste d'hier ou la
Coréenne du nord d'aujourd'hui? En l'occurrence
l'artiste reproduit des clichés communs sur le fait que
maintenant on
aurait de moins en moins de droits et que nos
libertés seraient régulièrement rognées,
sans doute vrai pour fumer, conduire sans limitation de vitesse ou
s'équiper de chiens dangereux... L'artiste lui peut préparer ses installations tranquillement en
opérant autant de prises de vues qu'il veut sans se préoccuper
de savoir s'il aura assez de pelloche. Même s'il faut en passer par des passeports
biométriques pour voyager, quiconque a désormais
accès au savoir et à la connaissance en temps quasi
réel. Les possibles s'accroissent en
général, sur le net on peut réécouter une
émission de radio-tv pendant une semaine et plus, entendre
l'intégralité d'une interview diffusée en
version courte en direct, savoir dans combien de temps le prochain
bus va arriver etc... D'accord
j'enfonce des portes ouvertes mais eux les ferment. 27 juin 2008
Lorsqu'on
attaque une institution, comme celle du langage, on est dans la
subversion, disait Duras. En
effet lorsqu'on s'attaque à l'institution du langage, ce qui
se trouve être une transgression est vécue comme une
provocation. Mais
pourquoi s'y attaquer si ce n'est pour adapter la langue à ce
que l'on voit, entend et vit. L'inverse
étant totalement shizo, s'imposer de voir ce qu'il faudrait
voir pour tenir compte de la langue académique existante. Jamais
autant la distortion n'a été aussi forte entre la
langue historique et le mental de ce 21e siècle numérique
et technologique. Jamais
n'a été aussi grande la nécessité de
s'engager dans cette transgression-là
24 juin 2008Pour
m'en tenir aux explications des livres d'histoire, je croyais à
l'indépendance en 1960 des pays africains sous colonisation
française. En fait d'indépendance, la France avait
imposé des accords qui lui garantissaient de conserver la main
sur le
pouvoir, en particulier pour l'exploitation des ressources
minières ou
pétrolières. Du coup une résistance s'était
développée au Cameroun par exemple et, jusque dans les
années
1970, une sorte de guerre y a opposé l'armée
française
à des rebelles qu'on appelle dans ces cas-là des
terroristes. Le principe étant alors de séparer la population
de ces derniers, donc de brûler les villages après -on
l'espère- en avoir déplacé ses habitants. On
aurait même utilisé le napalm, sans importance rétorque
le Mesmmer -celui qui deviendra premier ministre- et qui était en poste
sur place à cette période, signifiant surement qu'il y
avait eu des choses bien plus abominables. Entre autres cette
pratique consistant à exposer les têtes des terroristes
décapités aux carrefours des routes pour effrayer les
populations... Entre
50000 et 500000 serait le nombre de victimes estimées durant
ces dix ans de colonisation déguisée au Cameroun, tous documents et
archives n'étant pas encore si facilement exploitables.
4 juin 2008
Selon
certains chercheurs, le nombre d'ouragans et autres tempêtes
tropicales devrait diminuer à la fin du siècle en
raison du changement climatique. S'opposant par là à ce
qui était généralement admis, savoir que le
nombre de ces mêmes ouragans devait augmenter pour la même
raison. Ce
pourrait illustrer la difficulté de prévoir mais aussi
l'ampleur de l'incertitude sur ce qui se passera. Deux
autres figures en effet s'opposent sous-jacentes à tous discours, la
première développée par ceux qui pensent
inévitable la catastrophe pour l'humanité, et la seconde par ceux qui
imaginent que dans les dix à trente ans à venir il se
passera des choses formidables! Deux
visions qui séparent radicalement ceux qui pensent
que le mal est fait, qu'il est même irréversible, et
ceux qui entrevoient des possibilités
jusqu'alors inédites de vivre sur Terre. 30 mai 2008
Pour
le romancier N. Fargues, « parler
d'amour avec des mots justes passe non pas par le cerveau, mais par
l'estomac », ce dont il
semble être fier. On
voit mal pourtant comment cela pourrait être possible, sauf à
s'en remettre à la percussion corporelle, en vogue par les
temps qui courent! Il
s'agit en l'occurrence d'une référence à une
formule codée et persistante selon quoi le cerveau c'est
froid, guère humain, tandis que l'estomac serait plus
chaleureux, voire plus naturel. Les
penseurs grecs pensaient en effet que le lieu des émotions et
de la vie était le coeur, mais l'on sait bien maintenant que
c'est le cerveau, sans que cela enlève du "coeur" -qui lui est
un muscle- aux émotions plus ou moins
chaudes ou froides, en tout cas neuronales. Les
anciens penseurs encore croyaient voir des canaux sur Mars en l'observant attentivement... Regarder
ces jours-ci les images de la planète rouge (sombre) envoyées pas Phoenix provoque
quelques effrois... Le
sol y est désert et aride et rocailleux, à ressembler à
s'y méprendre à des coins de la Terre. Mars
inhabitée et inhospitalière, déjà nouvelle frontière pour
l'humain, deviendra-t-elle vraiment une "terre" de conquête? Sauf coup des dieux, les
singes que les russes prévoient d'y expédier en un
premier temps plutôt que des humains -voyages trop longs, trop
dangereux- ne devraient pas s'y établir durablement...
15 mai 2008
Le
passé simple comme temps de narration révèle
désormais une conformité au modèle
du roman formaté. C'est même lui qui donne la couleur de ce
roman standard, qui en est une sorte d'attestation. Ceci
pouvant aller jusqu'à l'obsession, en témoigne cette
phrase trouvée dans l'un d'eux : «Je pris son verre et
le lui jeta à la figure». A
la manière des enfants du primaire qui, pour rendre les
histoires plus vraies, utilisent le passé simple en conjuguant
tous les verbes en a ! 13 mai 2008
Au
fond ce n'est pas que ce monde ait perdu ses valeurs ou ses repères
(anciens il faut le préciser), il a surtout perdu pas mal de
ses certitudes (souvent imbéciles) à mesure que se se
sont développées -et se développent- nos
connaissances autant que la prise de conscience qui normalement va
avec. Le
développement de l'une et de l'autre pouvant d'ailleurs
provoquer le désarroi. 2 mai 2008
Un
projet de réforme de la langue préconise un changement
dans l'orthographe... Non il ne s'agit pas du français mais de
la langue portugaise, environ 2.000 mots sur les 110.000 de son
vocabulaire devraient prendre la graphie brésilienne,
en réalité il s'agit de rendre l'orthographe plus
proche de la façon dont les mots sont prononcés, en
supprimant les consonnes silencieuses... Comment
un peuple entier a-t-il pu être manipulé à ce
point,
pour en arriver à considérer comme normal le fait
d'écrire ce qui ne se prononce pas ? Cette
fois le propos concerne le français, c'est un lanceur de
tracts assez caustique (Louis Rougnon-Glasson, sur alfograf.net) qui
m'envoie cette réflexion. Et que
penser du fait qu'on persiste à trouver ça normal d'écrire
des lettres mortes, et qu'on
continue de l'imposer à nos enfants tout en se désolant
que le niveau de l'orthographe baisse? 9 avril 2008
Une
nouvelle étude dénonce une dégradation accélérée
des connaissances en orthographe, à quoi je joins ma propre
découverte, sur une copie d'élève de collège,
de trois lignes d'appréciation d'un professeur -
bon et sérieux professeur- avec trois fautes de « non accord »
d'un participe passé, d'un verbe à la 3ème
personne du pluriel et d'un adjectif. J'oppose
en général à cette dégradation la pratique de logiques contemporaines qui se trouvent bien
plus sophistiquées que les logiques, s'il y en a, qui
président aux règles historiques de l'orthographe. Mais
il faut aussi rapprocher de cette dite dégradation l'usage
de plus en plus courant des langues étrangères et
notamment de l'anglais dont les règles d'accord (rare ou
inexistant) sont fort différentes de celles du français. Dans les deux cas, ces règles n'ont en fait aucune raison d'être
considérées comme immuables. 1er avril 2008
On
ne sait pourquoi le journal Le Monde s'est lancé
dans l'édition de livres sur de grands philosophes, seul le
service marketing pourrait le dire. Néanmoins
voir l'un de ces livres, le PASCAL par exemple, trônant sur un
présentoir au-dessus de la caisse enregistreuse du loto et
autres jeux français a quelque chose de vraiment estomaquant. Mais aussi d'assez rassurant. Car finalement cela signifie que la culture se répand
et arrive là où elle manque! 26 mars 2008 Le recours à la fiction pour Petit homme chéri
tant il semble impossible désormais de se représenter
précisément la réalité de ce temps de la
guerre 1914-18. Pour Le Pont d'Algeciras, tant il est
difficile de formuler le temps de ce début du XXIe
siècle, quand même on le vivrait sans résistance,
le plus souvent formulé par des mots d'un temps ancien...
12 mars 2008
Comme
si je m'étais réconcilié avec l'idée du
roman, Le pont d'Algeciras, contrairement à mes autres
livres, porte sur sa couverture la mention roman. En
fait je n'ai jamais aimé l'idée du roman que le
romancier romance. Dès mes débuts d'écrivain je
lui ai préféré la fiction construisant chaque
fois un monde qui d'une certaine façon n'existait pas avant
elle. Cependant,
le roman désignait à l'origine ces récits qui ne
s'écrivaient plus en latin mais en langue romane. Or
je n'écris plus vraiment le français classique,
j'écris de plus en plus un français
inspiré par la langue vivante d'aujourdhui... Sans
doute ce qui peu à peu m'a réconcilié avec
l'idée du roman qui invente un monde, n'existant pas avant
lui, écrit dans une langue qui n'existait pas davantage avant
non plus!
8 mars 2008
Ce
qui marque de plus en plus le flux médiatique présent,
c'est que toujours la parole conservatrice passe et se répand. Presque
jamais en effet ne s'entend la parole audacieuse, moderne, nouvelle,
inventive, créative. Qui par exemple se réjouit du
dernier lancement d'un engin à destination de la station
spatiale internationale. Qui met en avant qu'un pour cent de la
richesse mondiale permettrait de faire face aux causes humaines du
changement climatique. Qui s'étonne de la constante
augmentation de l'espérance de vie. Qui pointe la précision
croissante de nos connaissances qui transforment notre vision au
point de ne plus être en mesure de les comparer à celles
du passé... Qui? Sûrement pas les multiples chroniqueurs de presse ou de radio,
culturelle ou pas, qui mettent en garde, préviennent,
rejettent, récusent, annoncent mille dangers, dépeignent
de façon négative et souvent fausse, jouent de la
démagogie, recherchant par là une opinion générale
toute prête à marcher. Il
y a là une forme de cynisme, souvent celui de gens bien en
place qui regrettent un supposé bonheur élitiste de
leur jeunesse, ou celui de leurs benjamins répétant ce
qu'ils croient être la bonne parole, allez savoir pourquoi! 26 février 2008
La
fiction salvatrice, au sens terrien. Ou, comment ouvrir une voie
possible entre, d'une part: l'intégrisme
fondamentaliste, plus ou moins radical mais de plus en plus présent
dans toutes les cultures, et d'autre
part: la
vision ravageuse de la manipulation partout, celle paranoïaque
du complot ou encore celle abusive de l'orwellisme, dans les deux cas, qui cherchent à tous nous conduire à la
terreur...
19 février 2008
Hommage
à Robbe-Grillet, membre original de l'académie
française qui n'a pas voulu revêtir le curieux
accoutrement de rigueur, en tout cas de type théâtre
ancien, qui a surtout refusé de porter l'épée
dit des académiciens. Il
faudrait leur dire aux académiciens, qu'ils arrivent à
le comprendre, c'est vrai qu'à une époque ça se
faisait de porter l'épée au sortir de chez soi, mais
bon aujourd'hui, à part quelques uns qui s'équipent
d'une arme ou d'une autre, les gens pour aller à l'extérieur
se munissent généralement de leur téléphone, de sorte de
communiquer avec le monde...
5 février 2008
Doux
salut à Diderot alors que se construit toujours davantage, et
sans limite prévisible, l'encyclopédie wikipédia
qui est en soi un hommage à celle de Diderot. Ne serait-ce que
parce qu'il avait dû batailler ferme pour l'imposer. Il
faut dire qu'il avait le projet de «changer la façon
commune de penser». Ce
pourquoi il inventera un système de renvois – avant curseur
des liens de l'hypertexte- qui selon Diderot «opposeront les
notions, feront contraster les principes... ébranleront
secrètement les opinions ridicules qu'on n'oserait insulter
ouvertement». De
plus pour se jouer de la censure et de la répression -sans y
parvenir toujours- Diderot insérait des ajouts discrets dans
tel ou tel article orthodoxe, c'est à dire ceux qui
s'accordaient aux croyances officielles... Qué
placer! 28 janvier 2008
Ne
pas croire ses petites impressions, l'année la plus chaude
depuis un siècle aura été 1998, juste devant 2007. En
tout cas plus chaudes ces deux années que 2003 avec son
hyper canicule, plus que 2006 avec ses 3 phases caniculaires! Enfin pour ce qui concerne le monde entier, parce que 2007
se situe en France métropolitaine au neuvième rang des
années les plus chaudes depuis 1900, à
égalité avec l'année 1989... Bien
sûr, au-delà d'un siècle en arrière, on ne
saurait pas dire. Pas de bonnes données, le quasi silence,
même si les calottes glaciaires ont apporté quelques
indications, on est comme des ignorants face à quelque chose
qui a disparu. Les
présentateurs TV eux ont dit que ça prouvait bien que
le climat se réchauffait. 23 janvier 2008 Les
gouvernements ont tendance à réglementer
certaines
pratiques des peuples pour les sauver de leurs propres
excès.
Ici c'est le tabac, interdit dans les lieux publics. Encore que la
rue, lieu public par excellence, est devenue l'endroit où
les
gens exercent leur pratique de fumeurs. Et
ailleurs? Pour
le tabac, même interdiction en Turquie, pourtant pays grand
fumeur, et cela viendra sûrement un jour au Tadjikistan
où
pour l'instant il s'agit de restreindre l'ampleur des
festivités pour lesquelles les familles se ruinent
littéralement. Parfois pour la vie entière,
parfois
sans parvenir à rembourser. Ainsi
lors des mariages, seules 4 voitures sont désormais
autorisées
pour constituer le convoi de la
« future », il
ne doit pas y avoir plus de 150 noceurs à qui seulement deux
plats chauds seront servis, les festivités étant
limitées à 3 heures. Le tout sous peine de forte
amende. Id pour les enterrements, pas plus de 80 participants. Id
pour les fêtes de circoncision, un maximum de 60
invités... La
population est divisée. Pour les uns, cela va
éviter
que tout soit focalisé sur ces
cérémonies. Pour
les autres, c'est tout simplement une grave atteinte aux traditions.
16 janvier
Que
penser d'un intellectuel qui publie dans Le Monde
des
plaisanteries de fin de diner: «le
tout-à-l'ego»?
Que penser du même R. Debray qui écrit en allure
de
cliché que notre civilisation est sans doute la
première
à refuser de se laisser interroger par la mort? Rien. Sauf
à souligner qu'elle est en effet la première
à
accroitre l'espérance de vie de façon plus que
significative, la prem à avoir fait reculer la
mortalité
infantile et celles de mères, à faire baisser le
nombre
des victimes en général, des guerres, des
maladies, des
routes, des crimes, et à se questionner sur la fin de vie,
l'euthanasie etc. La première surtout à avoir pu
concevoir que des humains pouvaient mourir hors de la terre, comme les
astronautes de Columbia.
10 janvier
Nouveau
cri d'alarme lancé dans la presse à propos de la
langue
française, de moins en moins utilisée
à Bruxelles
et en Europe, hélas simple lamentation! On
peut en effet défendre le français et son (bon)
usage
par tous les moyens, mais pour que cette langue revienne au premier
plan ou qu'elle garde un rôle d'importance il faut la
libérer
des règles obsolètes autant que contraire aux
logiques
contemporaines qui la brident. Et lui insuffler une capacité
d'invention pour exprimer le temps que nous vivons, notamment en
accueillant le néologisme toujours suspecté dans
la
pratique classique... La rendre ainsi attractive
pour les enfants et les étrangers (et pas pour la seule
académie).
4 janvier S’inquiéter
en ce que s’authentifie le discours
érigé en constat
suprême selon quoi notre monde a perdu ses valeurs et ses
repères, et bien plus encore que le progrès
aurait
apporté plus de méfaits que de bienfaits (voir
Edgar
Morin). S’inquiéter parce que ce
discours-là est
justement le moteur du développement des
intégrismes
allant des islamistes radicaux aux extrémistes de droite. Si
en effet notre monde est pire qu'avant les découvertes
scientifiques, plus déboussolé
qu'antérieurement
aux connaissances contemporaines, s'il a perdu ses valeurs et ses
repères et tout, et s’il n’a en rien
créé
des valeurs nouvelles, alors autant revenir à ce qui
existait avant, aux valeurs ancestrales qui
n’étaient
pourtant pas toutes d’ouverture, de justice et de respect,
convenons-en ! Et sûrement pas
d’égalité,
ni de diffusion du savoir, de liberté
d’expression, de
pluralisme et de parité et encore moins de reconnaissance
des
droits des minorités. Ni même toujours de
solidarité…
24 décembre
Julien
Gracq, hier quasi inconnu du grand public et très peu lu du
public des lecteurs, devenu selon les titres de presse
« Géant
des lettres françaises » et
« Dernier
grand écrivain français »...
Qualifié
dans toutes les dépêches d'auteur secret
retiré
du monde littéraire, peu sensible aux honneurs etc... en des
termes à peu près identiques à ceux
utilisés
à la mort de Maurice Blanchot... Les
Assouline et autres portevoix officiels de la banque centrale (alias
Gallimard) ont larmoyé sur le fait que, refusé
par
cette maison d'édition, Julien Gracq avait dû se
publier
chez un éditeur marginal, du coup à ce jour
toujours
pas accessible en poche, donc absent des fameux linéaires
des
chaines de magasin, bien que publié vivant dans la
collection
Porsche de Gallimard... Et,
avec justesse, même si c'est comique, ont
apologisé son
livre brûlot, sur le milieu littéraire, de cette
fameuse phrase
selon quoi il n'a pas pris une ride. Finalement
ont paru éprouvé sincèrement de
l'admiration
pour celui qui a refusé les prix, et le Goncourt en
particulier, après quoi eux ne cessent de courir... Mieux
vaut pour Gracq être mort que les entendre!
retour
blog date
20 décembre
Les
petites phrases, comme virgules dans la vie, se glissent dans
le
discours, conversation ou texte. Il
y en a des ringardes, comme: On est allé trop loin
dans
l'évolution... Des terribles: Depuis les
années 1950,
on se demande si les hommes sont encore des hommes... Des
gâteuses:
Avant ils savaient nous toucher, ils savaient relier les mots,
ils
savaient encore chanter... Et
bien d'autres, en tout cas authentiques!
12
décembre
Les
4 milliards de contrats d'armement qu'aurait signé la France
avec la Libye relèvent d'une absurdité
révoltante.
Bien sûr si ce n'avait été la France,
ç'auraient
été d'autres Etats marchands comme il est
arrivé
pour le Maroc (USA) ou l'Algérie (Russie) etc. C'est
cependant absurdement bête parce que ces matériels
sont
à terme producteurs des fameux dommages
collatéraux
humains et surtout absurdement à contre-courant puisque tout
de l'armement -la fabrication
autant que l'utilisation- est archi pollueur et
gaspilleur de ressources! Finalement
absurde et dérisoire si l'on considère l'argument
selon
quoi cela va fournir de l'emploi à des citoyen(ne)s
à
qui on demande d'installer des ampoules économiques dans
leurs appartements équipés de fenêtres
à
double vitrage...
3
décembre
«Une
espèce de» s'utilise de plus en plus au masculin
et sort parfois même de la bouche de gens
éduqués.
Des gens qui pourtant le savent que espèce est
féminin
et ne s'emploie pas au masculin... Mais
dire «un espèce de» paraît
être
une espèce d'habitude difficile à contrer, quand
elle
est prise cette habitude! «Un
espèce de» est en effet très
répandu
autant dans les conversations qu'à la radio ou sur les
télés.
Pourtant perçu, par ceux qui le remarquent, comme une faute
de
goût, voire un manque d'éducation... En
l'occurrence ce masculin se démarque curieusement
d'expression
comparable: une forme, une sorte de... D'un autre
côté,
il puise sa force par contagion d'autres mots proches tels que un
genre, un mode. Il
reproduit sans doute le masculin de l'insulte: espèce de
con!
Parce que cette insulte ne supporterait pas d'en passer par son
féminin: une espèce de con. L'explication
serait ceci: l'espèce est humaine, mais l'homme est masculin
jusqu'à revendiquer d'en être le neutre. Retenons
plutôt ce que la science a apporté de plus
rassurant au
détour du siècle: il n'y a pas de races humaines
mais
une seule, autrement dit, il n'y a qu'une espèce d'homme.
28 novembre
L'objet
livre a toute raison de perdurer en
complémentarité
avec la diffusion numérique en ligne. En revanche le support
papier ne conservera probablement pas très longtemps son
monopole, en tout cas dès qu'un objet livre à
support
numérique sera opérationnel et efficace, donnant
les
mêmes avantages que le livre papier, c-à-d les
mêmes
au moins. Avec en plus les possibilités de recherche
à
l'intérieur du texte, de stockage etc. Il
faut bien se faire à cette idée: dès
que cette
possibilité existera, cohabiteront les livres papier et
numérique. Et le livre au support numérique se
développera vraisemblablement beaucoup... Voici
d'ailleurs que la firme Amazon propose cet objet, usant d'un
succédané d'encre, capable de contenir des
dizaines de
livres actuels, avec en perspective de ne vendre que des
« livres »
dématérialisés,
téléchargeables
en moins de temps qu'il n'en faut pour sortir un volume de sa
bibliothèque et au moindre coût... Il
n'empêche
que la bibliophilie a de beaux jours devant elle.
25 novembre
N’était
pas revenu dans cette ville depuis 20 ans, ni dans ce bar par
conséquent où il se trouvait. Un vieux barman
ressemblait à celui d’avant, mais
c’était
d'évidence un autre qui l’avait
remplacé, parti à
la retraite. Celui-ci devenu vieux à son tour. Un
vieux client semblait être le même que celui
d’il y a
20 ans alors que c’était un jeune client
d’il y a vingt
ans, à son tour devenu vieux pour remplacer un vieux client
de
son époque. Se
retrouver seul à ce moment là quand on avait eu
20 ans
comme tout le monde, 20 ans auparavant…
23 novembre
Dans
son blog quasi officiel de l'édition, P. Assouline nous en
apprend de bonnes sur les manières de son milieu. Ainsi
Marie
NDiaye qui tient compte «des remarques de son
éditeur
sur l'obscurité ou la longueur d'un passage... a compris que
la noirceur et le pessimisme souvent reprochés
étaient
une facilité et s’est donnée le
défi de les
atténuer». C'est
à croire que la langue de bois est le socle même
du
style de ce bloggeur en conséquence impayablement
drôle
à son corps défendant. En
effet tous les auteurs ou presque de l'édition
française
depuis les années 90 pratiquent cette noirceur et ce
pessimisme par simple mimétisme autant que par
nécessité pour s'insérer dans le moule
d'édition et s'assurer en conséquence un
ticket
d'entrée. Pourvu
qu'ils n'en viennent pas à pratiquer la blancheur et
l'optimisme, ils en seraient capables, mais ce serait tout aussi peu
pensé ni écrit et donc tout aussi ridicule...
Puisque, s'il
s'agit d'écrire, c'est selon soi de sorte de
développer un
monde et une pensée, de préférence
sans que cela
en ait l'air...
21 novembre
Hier,
la défenseure des adolescents remet son rapport annuel,
toute
la presse titre sur les adolescents qui vont mal. Aujourd'hui,
colloque international sur la sécurité
informatique,
les médias se lancent sur les mille et un dangers de
l'internet... Voilà le monde des infos.
19 novembre
Les
crimes d'honneur sont des crimes d'horreur. L'honneur de soi
dès
qu'il s'applique aux autres est plus qu'une horreur. Cela a
donné
les duels, les guerres, il est toujours à l'origine de la
plupart des conflits et source de leur continuation. Et puis il
justifie les pires abominations comme les crimes d'honneur encore
répandus dans différentes régions du
monde. En
Belgique récemment un frère a tué sa
soeur
devant le domicile familial après avoir provoqué
une
rencontre supposée de réconciliation. La soeur
avait
refusé un mariage forcé et entendait vivre
l'amour de
son choix. Pour le frère c'était semble-t-il une
question d'honneur lui venant en droite ligne de ses
ancêtres, c'était croyait-il son devoir de la tuer
pour laver
l'offense...
17 novembre
Des
milliers de morts au Bangladesh, victimes du passage du cyclone Sidr.
On n'avait jamais vu ça, disent des survivants, le plus
puissant cyclone depuis 20 ans, précisent les
médias. En
1970, un cyclone d'un autre nom avait provoqué la mort de
500
000 personnes. A la suite de quoi les
«autorités»
avaient décidé de créer un
système
d'alerte, de construire un réseau d'abris et, dès
la
prévision du cyclone annoncée,
d'opérer des
déglacements de population. Pas assez encore.
14 novembre
Les
institutions courent après internet, elles ne se
libèrent
pas de leur lourdeur, multiplient les procédures
d'inscription
et de vérification, elles restent dans une sorte de
suspicion
à l'égard de ce qu'elles considèrent
comme un
nouveau média. Les
grands médias classiques courent aussi après
internet.
Dans des émissions spécialisées, ils
jugent le
net du haut de leur situation acquise. Portent des jugements
condescendants, avancent de arguments critiques pour le mettre en
cause, pas fiable, trop ceci, pas assez cela, dangereux... Et
puis on
perdrait toutes traces, il
n'y aurait plus d'archives... Et
voilà que si, des dizaines de millions de sites sont
archivés,
sous plusieurs dizaines de version comme il en est depuis 2001 pour
ce site-ci, ou sis! 11 novembre
Une
tendance au désarmement s'était
amorcée dans les
années 1990 après la chute du mur de berlin,
à
la fin de la guerre froide, que cela paraît
loin déjà!
Hélas, depuis les années deux mille (depuis le
11/9?) le réarmement s'est relancé et semble
s'accélérer... Sans parler des pays ultra
développés
qui ne cessent de s'armer et de se surarmer, des pays pauvres
ou peu développés se croient dans la
nécessité
de se doter d'armée et d'aviation à l'image des
grands
Etats etc... Or
le réarmement signifie consommation d'énergie et
de
matières premières, émission de CO2,
investissement à perte humaine, tout le contraire du
développement
durable. Oui mais il signifie aussi emploi et croissance du PIB et
développement économique et influence
géostratégique
pour les nations exportatrices... Sans
doute la plus grave des tendances lourdes de ce début du 21e
siècle. 08 novembre
Dernières
infos sur la fonte de la banquise arctique, une
dépêche
d'agence reprise plus ou moins par tous les journaux: «On
peut craindre la
disparition de la glace de mer
en été dans les dix à quinze
années à
venir, ce qui aura pour effet d'accélérer le
processus
de réchauffement et provoquera de graves bouleversement
climatiques... Le grand public doit être averti des
changements
climatiques... Prévision pour l'Europe: une tendance au
refroidissement, bien lire: refroidissement... »
28 octobre Un
bel exemple d'entêtement à refuser la
féminisation
des noms de fonction se trouve dans la signature d'une tribune
publiée le 23/10/07 par Le Monde que
voici: "Hélène
Carrère d'Encausse, secrétaire
perpétuel de
l'Académie française,
déléguée de
l'Académie."
Cette
dame est tout à fait capable de démontrer que
dans un
cas on peut accorder au féminin et dans l'autre
non. Cela est
cependant parfaitement illogique et renvoie un message de ringardise
d'une institution dont on comprend qu'il ne faut plus lui laisser
la charge de s'occuper de la langue française. En tout cas
si
l'on veut que cette langue reste une des dix langues vivantes
pratiquées dans le monde.
24 octobre
La
cartographie des mines «antipersonnel»
posées
durant la guerre franco-algérienne (1954-1962) le long des
deux frontières marocaine et tunisienne vient enfin
d'être
remise aux autorités algériennes par
l'armée
française. Pourquoi
a-t-il fallu attendre précisément 45 ans pour le
faire
alors que ces mines signifient des milliers de morts, des
vies brisées, des enfants handicapés, des paysans
mis
en danger... et qu'il resterait plusieurs millions de ces engins
enfouis? Pourquoi
si longtemps alors que des équipes françaises de
déminage ont participé à de multiples
opérations
sur le terrain des guerres finies? Pourquoi
n'avoir pas daigné fournir ces cartes lors des
grandes campagnes contre les
mines antipersonnel du début des années 1990? Pourquoi
ne pas les avoir livrées dans les années
1980 à l'occasion des
vingt ans de la fin de la guerre, et même pour les dix ans,
en 1972, ce
qui aurait amorcé sinon une sorte de
réconciliation, du
moins un pardon possible libéré de l'arrogance... Faut-il
penser que c'est cela qui n'était pas possible, la sortie de
l'arrogance, et
que ce l'est toujours à peine, puisque l'on apprend que ce
qui
aurait emporté la décision serait l'urgence de
lutter
contre des factions terroristes qui réutiliseraient ces
mines pour leur propre combat?
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