Romans de Jean
Pierre Ceton Les premières lignes | ||
LE PONT D'ALGECIRAS 127 p. éditions L'Act Mem, 2008 (première présentation publique La Maréchalerie Centre d'art contemporain ENSA Versailles 19/02/2008 et première lecture à la librairie l'Arbre à Lettres Paris 14ème, 26/03/2008) Dans la chambrée de lits superposés, parfois jusqu’à dix et plus, je suis installé tout en haut. J’avais beaucoup insisté pour qu’on me réserve cette place lorsque j'étais venu repérer. Pourtant la personne du service ne cessait de me répéter que de toute façon c’était la seule disponible, par les temps qui courent elle avait ajouté, sans que je sache si elle se moquait de moi… PETIT HOMME CHERI 117 p. éditions L'Act Mem, 2007 (1ère présentation en vitrine de la librairie Les mots bleus, Trouville, Journées Duras 10/2007 première présentation publique et lecture à la librairie l'Arbre à Lettres Paris 14ème, 26/03/2008) Cette malle, je croyais en connaître le contenu de trucs hétéroclites qui ne m’intéressaient aucunement. Sans doute m’était-elle trop familière, à force de l’avoir vue depuis toujours dans les différentes maisons où nous avions habité. Généralement rangée dans les combles ou dans une chambre de réserve... LES VOYAGEURS MODELES 189 p. éditions Comp'Act, 2002 (première présentation publique à la librairie l'Arbre à Lettres Paris 14ème) Les
années mil-neuf-cent-soixante-dix-huit / quatre-vingt
avaient
été pour moi et mes amis des années
rudes,
marquées par l’absence d’espoir. Seule
une musique
éruptive, jusqu'à en être inaudible,
semblait
pouvoir nous réconcilier avec l’idée de
vivre sur Terre.
Elle chantait pourtant le non-futur. (la
suite) | ||
LA FICTION D’EMMEDEE 240p. éditions du Rocher, 1997 (première
présentation publique, librairie Tschann, bd
Montparnasse, Paris première lecture, centre culturel français, Buenos Aires, avril 1997 lecture-intervention, "de Marguerite à Emmedée", journées Duras, Trouville 7/10/07) Je
n’ai jamais su écrire le récit
d’une relation ou d’une
rencontre immédiatement après l’avoir
vécue. Sans
doute que je n’aurais pas pu la raconter d’une
façon strictement
factuelle, c’est à dire en rapportant seulement ce
dont j’aurais
été témoin. J’en aurais éprouvé une gêne, tant le vécu semble appartenir en propre à ceux qui l’ont porté et à eux seuls. A moi en l’occurrence. (...) Un jour, curieusement, il m’est venu l’idée, et petit à petit elle s’est imposée, qu’Emmedée était d’évidence le plus grand personnage de fiction que j’avais jamais rencontré. C’est à dire qu’elle était tellement capable de développer de la fiction qu’il suffisait de la mettre en piste, elle, Emmedée, pour que le romanesque s’installe. | ||
PATHETIQUE SUN 148p.
Critérion, 1991 | ||
LA SUIVE
360p. Imprimerie nationale éditions, 1989 (première présentation publique à la librairie La Hune bd St Germain Paris) Mon
nom est Aimé Victorin, cela a toujours
été.
Il fallait s'y faire et je m'y suis fait. C'est que toujours j'ai eu le
sentiment
d'avoir un drôle de destin. Sans cependant n'avoir jamais donné la
moindre
importance à ce vieux concept que sûrement je
percevais
comme
un simple précipité d'années et
d'événements,
même si j'avais conscience qu'il pouvait être
très
agissant.
(...) Pourtant,
par jeu ou bien par lassitude, j'en étais venu un jour
à
accepter l'idée qu'il fallait que je fasse quelque chose.
Non
pas
quelque chose dans la vie ainsi qu'on le disait. Ceci ne m'ayant jamais
paru
important. Quelque chose en général, oui,
même si
une
extrême volonté d'indépendance
m'écartait
d'avance
des possibilités les plus immédiates. | ||
RAPT
D’AMOUR 112 p. P.O.L. éditeur
, 1986 C'était drôle, à ce moment précis, d’avoir fixement présente cette phrase d’une simplicité égarante - « Les rêves ne sont pas toujours ce qu’on croit » - que j’avais dû lire dans une revue générale pour femmes et hommes d’intérieur. Quand justement je n’arrivais pas du tout à distinguer si je rêvais ou vivais hors rêve... | ||
RAUQUE LA VILLE 176 p. éditions de Minuit, 1980 préface de Marguerite Duras Jove
disait qu’elle voulait s’éclater. Ca
faisait rire
tout le monde, parce qu’il y avait dix ans et davantage
qu’on ne le disait
plus. Mais c’était justement pour ça
qu’elle le disait.
Jove
s’éclatait en dansant, sur la musique
très dure du moment. | ||
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