LE DESIR DE CINEMA
Deux émissions que j'ai réalisées au festival d'Hyères en 1980 pour les Nuits magnétiques, sur France Culture. Une année où je n'avais pas présenté de film, j'avais juste Rauque la ville avec moi, à qui ce Festival a donné le prix du premier roman cette année-là :
Désir de cinéma 1Avec Marguerite Duras, Pierre Clémenti, Marceline
Loridan, Marcel Hanoun, Christiane Rochefort, Dominique
Noguez, Gerhard Theuring, Jean-Paul Cayeux, Jean-Paul
Dupuis, Yves Navarre, Olivier Guitton,
Bulle Ogier...
"ENTRETIENS AVEC MARGUERITE DURAS PAR JEAN
PIERRE CETON"
France Culture, 1ère diffusion
27-31/10/1980
dernières rediffusions 27/02-03/03/2006, 3-7/08/09
extrait:
POUR ECHAPPER AU DESTIN
1ère diffusion France Culture, 7 juillet 2004
réalisation : Jean Couturier
avec : Annick Alane, Anne-Lise Hesme, Arnaud Bédouet,
Garance Clavel, Simon Duprez.
(...)
La Mère : Voilà, partis, disparus… Peut-être qu’ils ont
travaillé toute la nuit, parce que ce matin ils ne se réveillaient pas…
A force d’attendre, je suis allée voir où ils en étaient, ils dormaient
encore, ils dormaient… Ensuite, ils en ont passé des appels au
téléphone… je crois même qu’ils se sont appelés … je les ai vus qui
parlaient l’un à côté de l’autre avec chacun leur petit mobile… mais
est-ce que c’était à quelqu’un d’autre qu’ils parlaient ou à la même
personne ? …
Plus tard, c’est lui mon grand, mon enfant, mon fils, lui qui croyait
qu’elle était sortie, alors il l’a appelée avec son petit téléphone…
mais non, elle se trouvait simplement dans la chambre, en train de
chercher ce qu’elle allait se mettre… changée au moins trois fois
depuis le matin… élégante, prend soin de sa personne, pas besoin de se
maquiller pour être belle, l’est déjà avant de se réveiller…
Et puis, sur le coup des deux heures de l’après-midi, pftt ! ils se
sont enfuis, sans dire quoi ni où ni pour combien de temps… disparus !…
Dommage qu’ils soient partis… Une si belle journée, comme je les aime…
LE BESOIN QU'ONT LES ÊTRES D'ÊTRE DEUX
1ère diffusion France Culture, 7 mai 2002
réalisation: Jacques Taroni
avec Garance Clavel.
(...)
Lui : … Je suis content soudainement, content de parler comme ça, avec
toi que je ne connais pas… et avec toi que je connais un tout petit
peu…
Elle : Un instant de pluie?…
Lui : … Je connais plus ta voix que si je t’avais rencontrée dans un
restaurant ou à un vernissage d’exposition… je sais que tu me parles
quand tu t’adresses à moi… je sens que tu t’adresses à moi quand tu me
parles… oui, je suis content, je me sens joyeux, tout d’un coup joyeux…
PATHETIQUE SUN
(...)
MIC : Viens, j’ai pas envie d’en perdre le rire.
MILLE : Laisse-moi !
MIC : Je t’aime Mille, viens, on va aller oublier le monde...
MILLE : Mic ! je vais pas te dire à toi que j’ai mal à la tête... Oh !
Mic, tu as vu le mec ?... Assez beau, hein ? Si j’avais pas été avec
toi, je l’aurais maté... T’as vu ? il me regarde encore.
MIC : Qu’est-ce que tu vas faire ?
MILLE : Je dois passer à l’agence... Tu as l’air de me suivre?... Mic !
t’es gentil Mic, mais tu ne devrais pas t’occuper de moi, tu
comprends?...Je ne comprends pas que tu comprennes pas !
MIC : Tu acceptes tes désirs, moi aussi !... Je vais aller peindre, il
n’y a que ça que j’ai envie de faire. Pourquoi tu marches si vite?...
T’es pressée de mater peut-être ? Est-ce que tu fais l’amour avec tous
ces mecs ?
MILLE : Eh oui, tout le temps, avec les femmes aussi... Non ! petit
Mic, t’es fou, je me tire... Parfois c’est pas facile, les mecs tu peux
pas savoir, les femmes c’est pareil d’ailleurs, ils s’accrochent tous.
Je sais pas moi, ça doit être une question d’honneur.
MIC : Ah ! l’honneur, un truc nul, vraiment nul ! C’est extraordinaire
d’ailleurs que ça vienne de si loin et que ce soit un truc nul.
(...)
MARIE-JOVE: Vous savez, il y a des gens que vous ne connaissez pas, et
heureusement d’ailleurs, je les estime bien peu... de la famille du
côté de mon mari... Ils me reprochent de vivre dans mes rêves, comme
ils disent. Je ne leur réponds plus depuis longtemps. Je me crois moins
dans les rêves que ces gens-là. En tout cas, je ne me sens pas prise
dans leur fiction historique désespérante...
(...)
OU EST LA PLAGE PUISQUE C’EST L’ETE ?
VISITEUSE : Vous êtes toujours tous les deux ?... Tout le temps
ensemble, c’est possible ?... Depuis quand ? Je veux dire depuis quand
ça vous est arrivé ? Comment vous êtes vous rencontrés... c’était le
hasard ? Vous ne voulez pas me raconter ?... Vous ne voulez pas... je
ne sais pas pourquoi je le demande, je ne suis pas mondaine
d’ordinaire... Beaucoup de gens sont seuls et s’en plaignent, moi je ne
sais pas, je n’arrive pas à savoir... Vous vous n’avez pas l’air d’être
seuls, si ?...
LUI : C’est à dire... par définition oui, on est toujours seuls, non?...
(...) ELLE : Arrête de regarder par la fenêtre, arrête, je t’en supplie
!
LUI : J’ai toujours fait ça..
ELLE : Oui, mais tu le fais de plus en plus.
LUI : Obsession, ça m’obsède, oui...
ELLE : Ils sont loin ces immeubles, ils ne nous gênent pas tant que ça !
LUI : Les bureaux me dérangent, toujours ils me dérangeront...
ELLE : ... Gratte-ciels ou gratte-cieux ?...
LUI : Quoi ?
ELLE : Excuse-moi, je trouve qu’ils sont beaux comme des châteaux
anciens... surtout celui de gauche, on dirait un château moderne...
LUI : Ne te moque pas de moi, je t’en supplie...
ELLE : Qu’est-ce que tu fais?
LUI : Je te regarde... Je veux te regarder toi, que toi, uniquement
toi...
(...)
VISITEUSE : Je cherche un endroit, quelque part où je pourrais aller,
être bien, être contente, joyeuse, douce et envahie... Vous riez ?...
Vous vous êtes tous les deux ?... Ca va vous tous les deux ?... Comme
pour échapper au destin, bordel de merde! Pour essayer d’y échapper,
hein, c’est ça ?....
FREQUENCE PERDUE
Plan 1. Lettre : Livia Livia, je suis parti comme pour m'installer chez
mon vieil Oncle. Il est mort, et il n'y a personne dans sa maison. J'ai
envie d'y aller passer des moments de temps à autre. Y travailler. J'ai
amené mon manuscrit. Il y a un tout petit bureau donnant sur un jardin.
Je vais rentrer un de ces soirs, je t'appellerai. Tendre tendre...
Julien
NARCISSO-METAL
Narcisso-Métal est un film pour Narcisse, miroirs et vitres, où le
regard est sujet, puisque c'est le jouet de Narcisse. Ce qui n'est pas
sans danger pour lui comme on le sait. Film autoportrait à proprement
parler: dans la plupart des scènes, le réalisateur se filme lui-même au
moyen d'un déclencheur automatique ou à distance de la caméra.
Une projection exceptionnelle a eu
lieu le samedi 6 octobre 2012, à l'occasion d'un hommage à Marcel Mazé,
au Forum des images Paris 1er